Concrétisation du projet 50x15 d'AMD : mon expérience en Ouganda
Août 2006
par Sandeep Ashok, responsable du programme 50x15
Sandeep Ashok, responsable du programme 50x15, a récemment fait le voyage en Ouganda pour superviser l'ouverture de trois laboratoires d'enseignement dans la région, et a fait part de ce qu'il a vécu dans 50x15 Connections.
« Toto, j'ai l'impression que nous ne sommes plus au Kansas », tels sont les mots que Dorothy dit à son chien dans le film « Le Magicien d'Oz ». C'est la réflexion que je me suis faite la semaine dernière, bloqué sur une route poussiéreuse et perdue d'Ouganda par une chaude matinée d'août. J'étais en route pour superviser la livraison d'un « laboratoire d'enseignement » dans le cadre de l'initiative 50x15 à l'école secondaire de Bukuya, lorsque notre véhicule est tombé en panne.
En tant que membre de l'équipe 50x15 d'AMD, chargée de fournir un accès à Internet et du matériel informatique à 50 % de la population mondiale d'ici à 2015, mon rôle est de coordonner l'installation de ces laboratoires d'enseignement, de faire le lien entre nos chefs de projet 50x15 à travers le monde et les équipes aux États-Unis. Cette mission est pour moi extrêmement enrichissante, car elle me permet de rencontrer et de travailler avec des personnes exceptionnelles du monde entier et de contribuer à changer réellement leur vie par le biais de la technologie. Évidemment, elle comporte aussi quelques inconvénients, tels que les coupures de courant sous la douche, ou une panne de voiture au milieu de nulle part...
Le 31 juillet, je suis parti pour Kampala, toujours en Ouganda, pour assurer un déploiement sans heurts dans les laboratoires d'enseignement des trois écoles ougandaises. Avant l'inauguration prévue pour le vendredi 4 août, je me suis rendu dans chacune des écoles pour aider Matthew Chetty, responsable du projet 50x15 en Afrique, à faire le point sur l'avancée du projet et connaître les réactions des professeurs, des étudiants et de leurs parents. Ces informations seront utilisées pour rédiger les articles sur les laboratoires d'enseignement (études de cas) qui seront publiés sur le site Web de 50x15.
L'établissement secondaire de Bukuya est située à environ deux heures et demie de la capitale, Kampala. C'est en chemin pour me rendre là-bas que j'ai été confronté sur le terrain à la gageure que représente un environnement rural africain. La majorité des petites maisons que nous avons laissées derrière nous n'avaient qu'un accès limité à l'eau et à l'électricité. Quant à la route elle-même, elle n'était pas pavée, mais parsemée par endroit de trous et de bosses. Notre parcours se déroulait sans encombre, lorsque nous avons dû faire une petite pause. Au moment de reprendre la route, le chauffeur n'arrivait plus à faire démarrer la voiture. Il n'avait pas l'air inquiet, j'ai donc décidé de ne pas me faire de soucis non plus. Un jeune garçon d'une maisonnette à proximité nous a donné de l'eau pour refroidir le moteur. Malheureusement, cela n'a pas servi à grand chose.
Au bout d'une demi-heure environ, la chance aidant, un autre camion est venu à notre rencontre, avec à son bord un mécanicien « professionnel ». Celui-ci a bricolé le démarreur, et notre véhicule est reparti ! Après avoir évité la catastrophe, nous avons pu visiter l'école et rencontrer les étudiants et leurs professeurs, ravis. J'ai été très impressionné par le laboratoire en lui-même. Il est équipé d'une trentaine d'ordinateurs clients légers et devrait être utilisé quotidiennement par les étudiants dans le cadre de leur programme d'enseignement.
Au cours de mes observations, je me suis demandé comment, malgré tant d'obstacles (accès limité à l'électricité et à l'eau, infrastructures sommaires), les étudiants pouvaient trouver un intérêt à Internet ou utiliser des ordinateurs. Lorsque je les ai interrogés, j'ai obtenu la réponse à ma question. Je me suis rendu compte qu'ils possédaient une approche très pragmatique de leur vie, et connaissaient la nécessité de qualifications en informatique pour pouvoir être compétitifs par rapport à leurs camarades des zones urbaines sur le marché du travail du 21e siècle. Ceux qui choisissent de rester dans le monde rural sont également conscients de l'utilité d'Internet dans les domaines de l'agriculture et du commerce. J'ai été ému de voir à quel point la population de Bukuya est avide de tirer parti d'Internet, en dépit des difficultés qu'elle doit affronter au quotidien.
Le reste de ma semaine en Ouganda s'est déroulé tranquillement, avec en événement phare la cérémonie officielle d'inauguration à l'école Kyambago de Kampala. C'est là que j'ai rencontré Eddie Oketcho, un étudiant de 18 ans qui souhaite devenir avocat dans la fonction publique. Sa personnalité m'a fortement marqué. Malgré les défis de son quotidien (long trajet pour se rendre à l'école, financement difficile de ses études, surveillance de ses petits frères et sœurs),son attitude positive et sa soif de connaissances sont extrêmement motivantes. Eddie était absolument convaincu qu'avec les possibilités de la technologie, il pouvait tout accomplir. Il m'a beaucoup touché et je me suis demandé quelle aurait été sa vie s'il avait eu les moyens dont les enfants bénéficient dans des zones plus opulentes.
On l'a dit : si on lui donne les moyens qu'il faut, le prochain « Bill Gates » pourrait bien être issu d'un quartier urbain de Mexico ou d'un petit village d'Afrique. Après mon voyage en Ouganda et ma rencontre avec des gens comme Eddie, je n'en doute plus une seconde. Je suis plus fier que jamais de collaborer à une initiative qui va permettre au rêve d'Eddie de devenir réalité.